Avant l'intelligence artificielle, avant les studios et les budgets publicitaires, il y a eu le terrain. Les caméras portées dans les montagnes, les bivouacs, les départs de course à 5h du matin. Des centaines d'heures de documentaires sportifs pour les grandes chaînes françaises et internationales.
C'est là que tout a commencé.
Il fallait trouver un format capable de rendre justice à des gens qui font des choses que la plupart d'entre nous n'imaginent même pas. Des grimpeurs en solo, des riders qui réinventent la physique. Pas un plateau TV, pas un commentaire en voix off confortable : une immersion.
J'ai créé et réalisé Au cœur de l'extrême en 2016 avec cette conviction que le documentaire sportif n'avait pas besoin de sacrifier l'émotion sur l'autel de la performance. Trois saisons. Quatre-vingt-trois épisodes. Des sports extrêmes à travers le monde, filmés avec les outils du cinéma et la liberté du journaliste de terrain.
L'émission a été diffusée en France sur les chaînes du groupe Altice, puis distribuée dans 70 pays.








En 2017, l'e-sport commence à chercher sa légitimité sur les chaînes linéaires françaises. SFR Sport décide de lui ouvrir une case. On me confie la production et la réalisation du Mag e-sport : dix épisodes de 26 minutes pour raconter un monde que beaucoup de gens regardaient encore de loin, avec méfiance ou incompréhension.
J'ai filmé les tournois, les équipes, les coulisses d'une scène qui se professionnalisait à grande vitesse. Au Zénith de Paris, dans les arènes remplies de milliers de spectateurs, avec des joueurs qui gagnaient leur vie à faire ce que leurs parents leur avaient demandé d'arrêter. C'était un territoire narratif neuf, et je l'ai abordé comme tous les autres : en cherchant l'humain derrière la performance.
Ces films ne sont pas des retransmissions. Ils racontent des trajectoires. Des amateurs qui se lèvent à 5h du matin depuis deux ans pour préparer un Ironman. Des professions de foi muettes que seule la ligne d'arrivée peut lire. C'est ce qui m'a intéressé là-dedans depuis le premier jour, et c'est ce qui continue d'alimenter mon travail en IA : cette capacité à trouver l'émotion là où d'autres ne voient que de la sueur.
Vingt ans à filmer des gens qui donnent tout. C'est cette école qui m'a appris ce que l'IA ne peut pas remplacer : savoir quand appuyer sur le déclencheur.